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LE DESTIN DU BARON


Pendant plusieurs siècles, le peuple bretonnite colonisa les terres au nord et à l'ouest d'Athel Loren. A cette époque, ils pénétraient rarement dans la vaste forêt de Loren. Les rumeurs et les mythes sur les mystérieux habitants des bois les dissuadaient de s'y aventurer pour chasser. De temps en temps, des groupes de guerriers tentaient de traverser les landes entourant la forêt mais ils se retrouvaient rapidement en face des chars et des chevaliers du clan Equos. Les légendes de cette époque encore chantées aujourd'hui parlent de ces seigneurs impétueux tombés sous les flèches des elfes pour avoir transgressé les frontières du royaume interdit. Ainsi se développèrent les contes sur le peuple secret et le royaume elfe.

Les colonies bretonniennes entourant la forêt commencèrent bientôt à considérer les elfes comme des amis, particulièrement quand des bandes d'orques ou d'autres ennemis ravageant le pays, pénétraient en Loren avant de fuir la région, ou de disparaître à jamais. On pouvait parfois voir des bandes d'elfes, se déplaçant de nuit pour intercepter les envahisseurs, tout autant à l'avantage des bretonniens que des elfes. En signe de gratitude, les bretonniens laissaient des offrandes d'armures et d'armes ou des tonneaux de vin aux pieds des pierres frontalières. Ces offrandes disparaissaient mystérieusement, considérées par les elfes comme des produits de luxe venus du monde extérieur.

Durant les derniers siècles avant que les bretonniens ne s'unifient en un unique royaume obéissant à un unique roi, les colonies autour d'Athel Loren s'étaient transformées en puissants domaines féodaux dominés par des barons et leur suite de chevaliers. Certains de ces barons cherchaient de nouvelles terres à conquérir. Cernés par les domaines de leurs voisins, ils étaient attirés par les dernières terres sauvages de la forêt de Loren. C'étaient des hommes arrogants qui se souciaient peu des légendes et se croyaient invincibles.

Le baron Foulques de Bergues fut le premier à conduire sa suite dans les landes. Ils franchirent les frontières, jetant des regards hautains sur les bornes frontalières qu'ils passèrent en riant. Poursuivant leur avance, ils furent défiés par Eldryn, un puissant chef du clan Equos, et ses suivants. Dans la bataille qui s'ensuivit, les elfes furent vaincus par les chevaliers. Aucun des sylvains ne survécut, ils furent tous abattus sous les murs de leur fortin. Puis le baron envoya ses fantassins attaquer la place. Plusieurs d'entre eux tombèrent sous les flèches des elfes, parmi lesquels se trouvaient des femmes rendues folles par la mort de leurs compagnons, mais ils ne purent être arrêtés. Les elfes durent se replier dans la forêt, abandonnant le fortin au baron.

Dans les jours qui suivirent, les éclaireurs et les chevaliers elfes surveillèrent l'armée du baron sous le couvert des arbres, pendant que le Roi et la Reine de la Forêt prenaient conseil auprès des clans. Ils observèrent les hommes du baron construire un château sur la colline où s'était trouvé le fortin. Les grands arbres furent abattus et des bœufs tractèrent les pierres frontalières jusque sur la colline où elles servirent à construire les murs du château. La colère monta chez les elfes.

Le pire était à venir. Les chevaliers cherchaient un peu d'animation pendant que le château se construisait. Certains d'entre eux entrèrent dans la forêt pour y chasser le gibier. Quelques éclaireurs leur tendirent une embuscade mais leurs flèches ne purent transpercer les armures et les chevaliers enragés commencèrent à chasser les elfes pour le sport. Ils parvinrent à abattre quelques éclaireurs mais les elfes trouvèrent leurs cibles et certains chevaliers tombèrent, des flèches plantées dans la fente oculaire de leurs heaumes.

Cette rencontre dissuada pour un temps les chevaliers de s'aventurer loin dans la forêt. Néanmoins, le baron avait amené des paysans de ses domaines et celui-là commençaient à défricher les abords de la forêt et à labourer les terres ainsi dégagées. Il était évident que le baron entendait conserver ce qu'il avait capturé. Bientôt, d'autres barons suivraient son exemple et le royaume d'Athel Loren serait envahi de toutes parts.

Le Roi et la Reine des Forêts tinrent conseil avec les mages et les chefs des clans sur la façon de combattre les envahisseurs. Orion entra dans une rage noire en entendant les nouvelles rapportées par les éclaireurs et au rapport des elfes chassés du fortin capturé par le baron. Seules les sages paroles d'Ariel calmèrent sa colère et l'empêchèrent de lâcher la Grande Chasse sur ces conquérants arrogants.

Ariel savait à quoi s'en tenir. Sa perspicacité était grande. Elle avertit que l'ennemi était puissant, des chevaliers aimant la guerre et qui considérait déshonorant de se replier. Ils étaient déterminés et méprisaient la mort. Ils ne seraient pas aussi faciles à vaincre que les orques. Même si les elfes les tuaient tous, cela ne serait qu'un défi à la chevalerie bretonnienne, incitant d'autres chevaliers à venir prouver leur valeur. Ariel déconseilla la guerre ouverte contre le baron.

Le conseil demanda alors l'avis de la Reine. Orion, tout juste capable de contenir sa colère, désirait pour sa part faire couler le sang immédiatement. Les hommes du baron avaient une faiblesse, annonça Ariel, qui était leur superstition. Le moyen de les vaincre était de leur montrer des pouvoirs au-delà de leur compréhension. Non seulement cela ferait fuir les envahisseurs actuels, mais inciterait leurs semblables à rester au loin. Ils devaient comprendre que la menace des pierres était réelle et que violer le royaume interdit entraînait un châtiment magique. II fallait leur montrer qu'Athel Loren était un lieu différent qui ne pouvait pas être conquis comme n'importe quelle autre terre.

Le conseil fut suivi. Les jeunes guerriers furent calmés et Orion refréna sa colère et posa sa lance sans que celle-ci ait versé le sang ennemi. Les chefs des clans interdirent à leurs guerriers de défier les chevaliers du baron. La vengeance se ferait selon les plans d'Ariel.

Quelques jours plus tard, le baron et ses hommes se réveillèrent au petit jour dans le château en partie construit. Ils étaient noyés dans une étrange brume froide. Lorsque le brouillard commença à se lever, les guerriers furent stupéfaits de voir des arbres massifs tout autour d'eux. Le baron soupçonna la sorcellerie elfe et ordonna à ses paysans de venir avec leurs haches pour montrer à ses hommes comment il allait s'occuper de ces arbres magiques. Malheureusement, les paysans avaient déjà fui, étant plus superstitieux que les soldats, et emporté leurs haches et leurs bœufs avec eux.

Puis les fondations du château commencèrent à gémir et à vaciller. La panique se répandit parmi les chevaliers quand des blocs leur tombèrent dessus. Leur armure ne leur servait à rien, pas plus que leur courage ou leur honneur. Les arbres, qui n'étaient autres que des hommes arbres invoqués par Ariel elle-même, démolirent entièrement le château et enterrèrent vivant le baron sous les décombres. Une poignée de survivants s'enfuit en répandant des rumeurs de sorcellerie dans toute la Bretonnie.

Depuis ce jour, aucun autre baron n'a osé violer les frontières d'Athel Loren. Selon les croyances bretonniennes, les murs des châteaux ne tiennent pas sur ces terres enchantées. Un amas de pierres renversées rappelle aujourd'hui encore la folie et le destin du baron Foulques de Bergues.