Envoyer la page à un ami    Envoyer par mail  
 ACCUEIL - PLAN DU SITE - CONTACT

N
ous sommes en l’an 2000 de notre seigneur Sigmar et l’Empire est en Flammes. La terre des empereurs est tombée aux mains des traîtres et des agitateurs. Des tensions et des rivalités séculaires ont refait surface, affaiblissant la nation et propageant le trouble dans les esprits.

Durant des siècles, les Comtes Electeurs se sont affrontés pour s’approprier le trône impérial et leurs inscessantes guerres ont rendu impossible la bonne administration des provinces. La famine menace les confins de l’Empire et partout gronde le vent de la révolte.

A présent, quatre nobles ambitieux et sans scrupules se sont autoproclamés Empereur de plein droit. Ce sont les comtes de Marienburg, de Middenheim, du Talabecland et du Reikland, et aucun d’entre eux n’est disposé à renoncer à ses prétentions. Aussi leurs armées parcourent-elles le pays et leurs hommes s’affrontent-ils en une lutte fratricide.

Pour le peuple de l’Empire désorienté, la fin du monde semble proche. Des centaines de cultes rédemptionnistes ont vu le jour et des flagellants au regard exalté arpentent les routes en prêchant l’avènement de la destruction finale. Menés par un forcené du nom de Johan Cabal, tous ces fanatiques mystico-religieux représentent désormais une force avec laquelle il faut compter.

Alors que le pouvoir des Comtes Electeurs s’épuise dans un combat aussi vain que sanglant, les bourgeois nantis voient peu à peu leur influence s’entendre. La Guilde des Marchands rivalise désormais de puissance et d’influence avec l’aristocratie et les grandes villes prospèrent sous la direction éclairée des Burgomeisters, élus parmi les classes aisées de la société mercantile. Depuis peu, la guilde recrute même ses propres troupes franches.

En ces temps de grand péril, les gens se tournent alors vers leur dernier espoir : le culte de Sigmar connaît une recrudescence sans précédent tandis que la foule se presse aux offices des temples. Mais même les fidèles de Sigmar n’échappent pas au danger. En dépit des anciennes lois, les magiciens et les nécromants se font toujours plus nombreux en ces temps troublés. Bien que les répurgateurs traquent sans pitié les adeptes des pratiques illicites, la magie et la sorcellerie continuent à prospérer au cœur même de l’Empire.

Mais alors que le peuple accourt en masse vers les autels de Sigmar, les dieux obscurs voient également leur puissance s’accroître. De plus en plus d’égarés se tournent vers les vieilles divinités du Chaos qui travaillent depuis toujours à la destruction de l’humanité. De jeunes enfants sont régulièrement enlevés dans les rues pour servir de sacrifices humains lors des cérémonies impies auxquelles se livrent les adorateurs du Chaos. C’est une sinistre époque etles augures sont on ne peut plus sinistres…



Cela fait presque vingt siècles que Sigmar heldenhammer a débarrassé nos terres des hordes monstrueuses qui y vivaient, fondant ainsi l'Empire, le plus grand des royaumes humains. A présent, nos esprits se tournent à nouveau vers Sigmar, le Dieu des Batailles ; Sigmar, le Père des hommes, tandis que le millénaire touche à sa fin et que le temps de son retour approche. Dans tous les temples du pays, les foules se rassemblent pour entendre les nombreux et merveilleux événements qui vont sûrement se produire lors du retour du Dieu Vivant vers son peuple.

Les Chroniques d'Ostermark - entrée pour l'an 1999


Plus que jamais en cette fin de la dernière année du dernier siècle du second millénaire, la présence du Père des Hommes fais gravement défaut. Car l'Empire, jadis aussi puissant militairement que fort spirituellement, n'est plus qu'un royaume ravagé par la guerre et affaiblit par la corruption. Nul Empereur ne règne en cette sombre période, et l'Empire est morcelé en plusieurs contrée, de l'Ostermark dans le nord glacial au Wissenland dans le sud lointain, et de Marienburg sur la côte ouest à la Sylvanie qui s'étend à l'ombre des Montagnes du Bord du Monde. Chaque seigneur affronte frères et voisins, tandis que les grands de l'Empire se dispute la couronne, laissant les mains libres aux bandits et aux voleurs.

Nul ne souffre autant que les pauvres, et il n'est point étonnant qu'ils sombrent dans l'errance, la boisson et toutes sortes de vices. Ils mènent une vie misérable, tués par le feu et l'épée, écrasés par le poids des impôts et dépouillés par les marchands obèses qui profitent de l'anarchie pour s'enrichir d'avantage.

C'est dans la cité de Mordheim, dans la province d'Ostermark, le premier jour de l'année mille neuf cent quatre vingt dix neuf de l'ère de Sigmar que la Prophétesse des Sœurs de Sigmar a observé le signe tant attendu pour la première fois dans le ciel nocturne, ainsi que le prédisait le prophète Macadamnus de Greill plus de cinq cent ans plus tôt en écrivant :

Dans la cité de ses sœurs il nous
Reviendra sur des ailes de feu.
Sur son trône il régnera pour l'éternité,
Epargné par la corruption de la chair.
Ceux qui s'y rassembleront pour l'attendre
Ne connaîtront pas la mort.
Et les seigneurs du nord dirigeront
Ensembles les nations du monde.

Les Versets de Macadamnus - Verset CXXVI

Il était devenu clair que la cité que la cité mentionnée n'était autre que la cité de Mordheim. Elle abritait le Saint Ordre des Sœurs de Sigmar, les " sœurs" de la prophétie, tout en étant situé à l'extrême nord de l'Empire. Quant aux " ailes de feu ", tout le monde pouvait les voir. Haut dans le ciel nocturne brillait le symbole sacré de Sigmar, la comète à deux queues, dont l'apparition deux milles ans auparavant avait annoncé sa naissance. Nuit après nuit, la brillance de la comète s'accentuait. Jour après jour, le peuple se pressait vers Mordheim tandis que la nouvelle de l'arrivée imminente de Sigmar sur des ailes de feu se répandait à travers l'Empire.

Alors que s'achevait la dernière année du vingtième siècle, la comète gonfla au point de chasser la nuit des rues de Mordheim. Ses feux brûlaient dans le ciel si bien que le soleil lui-même semblait terne et froid en comparaison. Sous la prodigieuse sphère, le peuple de Mordheim sembla oublier toute retenue et se laissa aller à une fête aussi gargantuesque que dépravée. Qui sait combien d'âmes s'étaient entassées dans la cité ? Des centaines de millier étaient venues de tout l'Empire, si bien que la moindre ruelle du moindre quartier résonnait sans discontinuer de joyeuses musiques. Hors des murs de la cité, les nouveaux arrivants se bousculaient et dansaient. Nul ne cherchait à se reposer ou à s'abriter lors de ces journées sans nuit : tous dansaient, chantaient, buvaient et s'abandonnaient à des plaisirs indécents. Plus tard, certains dirent que des démons étaient sortis des ombres pour se mêler aux festivités et batifoler avec hommes et femmes. Mais qui peut affirmer une telle chose avec certitude, tant l'horreur de cette époque a obscurci les esprits :

Ainsi furent rassemblés tous les péchés
Humains dans Mordheim, à la veille de sa
Destruction, comme un furoncle concentre
Les poisons du corps pour être incisé par
Le scalpel du chirurgien.

Bernhardt hal - Répurgateur Général


Ce ne fut pas Sigmar mais son jugement qui tomba sur la cité de Mordheim au premier instant du premier jour de la nouvelle ère. Tandis que la cavalcade de perversion culminait, le Marteau de Sigmar s'abattit en mettant fin à la vie de chaque homme, femme et enfant dans la cité . Dans une explosion dix mille fois plus forte que le tonnerre, le sol sembla se soulever à la rencontre du feu, abattant les bâtiments, brisant les murs et soufflant les arbres. Dans la lointaine Altdorf, les temples tremblèrent en laissant choir des débris de maçonnerie dans les rues adjacentes. Au-delà des frontières de l'Empire, des forteresses souterraines naines, qui tenaient depuis des générations, se fissurèrent et s'écroulèrent.

Mordheim n'était plus que ruines carbonisées. Pourtant, parmi la foule massée à l'extérieur de la cité, car cette dernière était si bondée que tous n'avaient pas pu y entrer, quelques rares individus survécurent. Ils s'enfuirent aussi loin que possible en apportant la nouvelle de la punition divine de Sigmar dans tout l'Empire, mais la mort les rattrapa : beaucoups succombèrent ensuite aux mutations qui déformèrent et tordirent leur corps, et aux tortures mentales que leurs souvenirs leur infligeaient.

Un nuage de fumée noire recouvrit les
Ruines sept jours et sept nuits durant, et
Une grande fournaise brûla comme un
Charbon ardent sorti des enfers.

Les Chroniques d'Ostermark - entrée pour l'an 2000


Des vapeurs tourbillonnantes obscurcirent la cité pendant plusieurs jours après sa destruction. Elles émanaient d'une étrange lueur verte si brûlante que nul ne pouvait l'approcher, mais finirent par se dissiper tandis que refroidissaient les ruines. Quelques dépossédés revinrent ensuite en quête d'objets de valeur abandonnés ou de trésors similaires qui auraient survécu à la colère de Sigmar.

Au cours de la nouvelle année, d'étranges histoires commencèrent à circuler à propos d'une pierre magique découverte dans les ruines : un minéral noir et luisant capable d'accomplir des miracles. D'autres pierres furent rapidement découvertes, de tailles et de formes diverses, toutes supposées détenir des pouvoirs extraordinaires. D'après ces fables, elles redonnaient la vue aux aveugles, soignaient les malades, faisaient pousser les arbres en un jour, et permettaient aux morts de marcher et de parler.

Mais surtout, du plomb fut transformé en or : un miracle accompli pour le compte de Siegfried, Comte de Reikland, par son alchimiste personnel Vaun Hoffman. La rumeur de cette découverte se répandit comme une traînée de poudre à travers l'Empire et le Vieux Monde, et toutes sortes d'hommes ne tardèrent pas à affluer dans les ruines de Mordheim en quête de cette fameuse pierre magique.

C'est ainsi que les ruines de Mordheim attirèrent l'attention des seigneurs de l'Empire et de bien d'autres, car puissance et fortune étaient à prendre ! Certains désiraient amasser de l'or pour payer leurs armées et satisfaire leurs ambitions impériales, d'autres convoitaient le pouvoir magique, et d'autres encore étaient simplement cupides ou mus par des raisons plus sinistres que des hommes loyaux et bons pourraient à peine imaginer.

On entendit ensuite parler de monstres rôdant dans les ruines, des rats géants de la taille d'un homme, des morts vivants, des démons et des créatures mutantes. Il n'en sera pas dit davantage pour le moment, mais tous vinrent à Mordheim avec leurs rêves, ignorant que de leurs actions allait dépendre le destin du monde.

Au septième coup de la cloche
Des sept Empereurs,
Le ciel, la terre
Et l'enfer seront mêlés.
Lorsque brûlera
Le pays de Sigmar,
Ensemble marcheront
Morts, démons, bêtes et hommes.

Les Versets de Macadamnus - Verset CCXXI