Cela fait presque vingt siècles que Sigmar heldenhammer
a débarrassé nos terres des hordes monstrueuses qui
y vivaient, fondant ainsi l'Empire, le plus grand des royaumes humains.
A présent, nos esprits se tournent à nouveau vers
Sigmar, le Dieu des Batailles ; Sigmar, le Père des hommes,
tandis que le millénaire touche à sa fin et que le
temps de son retour approche. Dans tous les temples du pays, les
foules se rassemblent pour entendre les nombreux et merveilleux
événements qui vont sûrement se produire lors
du retour du Dieu Vivant vers son peuple.
Les Chroniques d'Ostermark - entrée pour l'an 1999
Plus que jamais en cette
fin de la dernière année du dernier siècle
du second millénaire, la présence du Père des
Hommes fais gravement défaut. Car l'Empire, jadis aussi puissant
militairement que fort spirituellement, n'est plus qu'un royaume
ravagé par la guerre et affaiblit par la corruption. Nul
Empereur ne règne en cette sombre période, et l'Empire
est morcelé en plusieurs contrée, de l'Ostermark dans
le nord glacial au Wissenland dans le sud lointain, et de Marienburg
sur la côte ouest à la Sylvanie qui s'étend
à l'ombre des Montagnes du Bord du Monde. Chaque seigneur
affronte frères et voisins, tandis que les grands de l'Empire
se dispute la couronne, laissant les mains libres aux bandits et
aux voleurs.
Nul ne souffre autant que
les pauvres, et il n'est point étonnant qu'ils sombrent dans
l'errance, la boisson et toutes sortes de vices. Ils mènent
une vie misérable, tués par le feu et l'épée,
écrasés par le poids des impôts et dépouillés
par les marchands obèses qui profitent de l'anarchie pour
s'enrichir d'avantage.
C'est dans la cité
de Mordheim, dans la province d'Ostermark, le premier jour de l'année
mille neuf cent quatre vingt dix neuf de l'ère de Sigmar
que la Prophétesse des Sœurs de Sigmar a observé
le signe tant attendu pour la première fois dans le ciel
nocturne, ainsi que le prédisait le prophète Macadamnus
de Greill plus de cinq cent ans plus tôt en écrivant
:
Dans la cité de ses sœurs il nous
Reviendra sur des ailes de feu.
Sur son trône il régnera pour l'éternité,
Epargné par la corruption de la chair.
Ceux qui s'y rassembleront pour l'attendre
Ne connaîtront pas la mort.
Et les seigneurs du nord dirigeront
Ensembles les nations du monde.
Les Versets de Macadamnus - Verset CXXVI
Il était devenu clair
que la cité que la cité mentionnée n'était
autre que la cité de Mordheim. Elle abritait le Saint Ordre
des Sœurs de Sigmar, les " sœurs" de la prophétie,
tout en étant situé à l'extrême nord
de l'Empire. Quant aux " ailes de feu ", tout le monde
pouvait les voir. Haut dans le ciel nocturne brillait le symbole
sacré de Sigmar, la comète à deux queues, dont
l'apparition deux milles ans auparavant avait annoncé sa
naissance. Nuit après nuit, la brillance de la comète
s'accentuait. Jour après jour, le peuple se pressait vers
Mordheim tandis que la nouvelle de l'arrivée imminente de
Sigmar sur des ailes de feu se répandait à travers
l'Empire.
Alors que s'achevait la dernière
année du vingtième siècle, la comète
gonfla au point de chasser la nuit des rues de Mordheim. Ses feux
brûlaient dans le ciel si bien que le soleil lui-même
semblait terne et froid en comparaison. Sous la prodigieuse sphère,
le peuple de Mordheim sembla oublier toute retenue et se laissa
aller à une fête aussi gargantuesque que dépravée.
Qui sait combien d'âmes s'étaient entassées
dans la cité ? Des centaines de millier étaient venues
de tout l'Empire, si bien que la moindre ruelle du moindre quartier
résonnait sans discontinuer de joyeuses musiques. Hors des
murs de la cité, les nouveaux arrivants se bousculaient et
dansaient. Nul ne cherchait à se reposer ou à s'abriter
lors de ces journées sans nuit : tous dansaient, chantaient,
buvaient et s'abandonnaient à des plaisirs indécents.
Plus tard, certains dirent que des démons étaient
sortis des ombres pour se mêler aux festivités et batifoler
avec hommes et femmes. Mais qui peut affirmer une telle chose avec
certitude, tant l'horreur de cette époque a obscurci les
esprits :
Ainsi furent rassemblés tous les péchés
Humains dans Mordheim, à la veille de sa
Destruction, comme un furoncle concentre
Les poisons du corps pour être incisé par
Le scalpel du chirurgien.
Bernhardt hal - Répurgateur Général
Ce ne fut pas Sigmar mais
son jugement qui tomba sur la cité de Mordheim au premier
instant du premier jour de la nouvelle ère. Tandis que la
cavalcade de perversion culminait, le Marteau de Sigmar s'abattit
en mettant fin à la vie de chaque homme, femme et enfant
dans la cité . Dans une explosion dix mille fois plus forte
que le tonnerre, le sol sembla se soulever à la rencontre
du feu, abattant les bâtiments, brisant les murs et soufflant
les arbres. Dans la lointaine Altdorf, les temples tremblèrent
en laissant choir des débris de maçonnerie dans les
rues adjacentes. Au-delà des frontières de l'Empire,
des forteresses souterraines naines, qui tenaient depuis des générations,
se fissurèrent et s'écroulèrent.
Mordheim n'était plus
que ruines carbonisées. Pourtant, parmi la foule massée
à l'extérieur de la cité, car cette dernière
était si bondée que tous n'avaient pas pu y entrer,
quelques rares individus survécurent. Ils s'enfuirent aussi
loin que possible en apportant la nouvelle de la punition divine
de Sigmar dans tout l'Empire, mais la mort les rattrapa : beaucoups
succombèrent ensuite aux mutations qui déformèrent
et tordirent leur corps, et aux tortures mentales que leurs souvenirs
leur infligeaient.
Un nuage de fumée noire recouvrit les
Ruines sept jours et sept nuits durant, et
Une grande fournaise brûla comme un
Charbon ardent sorti des enfers.
Les Chroniques d'Ostermark - entrée pour l'an 2000
Des vapeurs tourbillonnantes
obscurcirent la cité pendant plusieurs jours après
sa destruction. Elles émanaient d'une étrange lueur
verte si brûlante que nul ne pouvait l'approcher, mais finirent
par se dissiper tandis que refroidissaient les ruines. Quelques
dépossédés revinrent ensuite en quête
d'objets de valeur abandonnés ou de trésors similaires
qui auraient survécu à la colère de Sigmar.
Au cours de la nouvelle année,
d'étranges histoires commencèrent à circuler
à propos d'une pierre magique découverte dans les
ruines : un minéral noir et luisant capable d'accomplir des
miracles. D'autres pierres furent rapidement découvertes,
de tailles et de formes diverses, toutes supposées détenir
des pouvoirs extraordinaires. D'après ces fables, elles redonnaient
la vue aux aveugles, soignaient les malades, faisaient pousser les
arbres en un jour, et permettaient aux morts de marcher et de parler.
Mais surtout, du plomb fut
transformé en or : un miracle accompli pour le compte de
Siegfried, Comte de Reikland, par son alchimiste personnel Vaun
Hoffman. La rumeur de cette découverte se répandit
comme une traînée de poudre à travers l'Empire
et le Vieux Monde, et toutes sortes d'hommes ne tardèrent
pas à affluer dans les ruines de Mordheim en quête
de cette fameuse pierre magique.
C'est ainsi que les ruines
de Mordheim attirèrent l'attention des seigneurs de l'Empire
et de bien d'autres, car puissance et fortune étaient à
prendre ! Certains désiraient amasser de l'or pour payer
leurs armées et satisfaire leurs ambitions impériales,
d'autres convoitaient le pouvoir magique, et d'autres encore étaient
simplement cupides ou mus par des raisons plus sinistres que des
hommes loyaux et bons pourraient à peine imaginer.
On entendit ensuite parler
de monstres rôdant dans les ruines, des rats géants
de la taille d'un homme, des morts vivants, des démons et
des créatures mutantes. Il n'en sera pas dit davantage pour
le moment, mais tous vinrent à Mordheim avec leurs rêves,
ignorant que de leurs actions allait dépendre le destin du
monde.
Au septième coup de la cloche
Des sept Empereurs,
Le ciel, la terre
Et l'enfer seront mêlés.
Lorsque brûlera
Le pays de Sigmar,
Ensemble marcheront
Morts, démons, bêtes et hommes.
Les Versets de Macadamnus - Verset CCXXI