Moussillon

traduction de Bretonnia-Sourcebook par Vava


Partout en Bretonnie, le nom de Moussillon est synonyme de dégénérescence. La plupart des Bretonniens préféreraient oublier l’existence de cet endroit et le nom de la ville n’est pratiquement jamais prononcé au palais de Oisillon. On sait peu de choses sur ce qui ce passe réellement là-bas en fait, les seules informations provenant par le biais d’inquiétantes rumeurs.

Il est possible de prendre la mesure du désordre et de la décadence qui y règne par le fait que son Gouverneur, Eustache de Poissy, Châtelain de Sancerre, n’y a jamais même mis les pieds. Il réside au palais de Oisillon, vivant des maigres revenus que lui procurent le poste. Il se contente de correspondre occasionnellement avec Armand Charnaud dit Prêtre Armand, un prêtre de Véréna connu et respecté pour ses sermons enflammés et sa foi inébranlable, qui assume la fonction de gouverneur de la ville par intérim. Le manque de moyens est la plus grande difficulté à laquelle ce dernier est confronté.

Moussillon est située dans la vallée marécageuse du fleuve Grismerie, à environ quinze lieues de la mer. Depuis 2438 CI, une succession de désastres se sont abattus sur ce qui était auparavant une riche et agréable cité portuaire surnommée « la perle de la côte Ouest. » Des tremblements de terre, raz-de-marée et les épidémies de véroles qui ont immanquablement suivi ont ruiné le cœur historique de la cité. L’humidité permanente et de fréquents brouillards épais sont autant d'indications des malheurs persistants qui affectent la cité. Jusqu'à présent aucune tentative de reconstruction complète de la cité n'a réussi, en dépit du soutien actif de la noblesse et même de la Royauté par le passé. Seuls les bâtiments officiels ont été véritablement remis à neuf pour l'usage du gouverneur alors que de nombreuses zones demeurent à l'état de ruines et de gravas. Nombreux sont ceux, qui parmi les plus modestes, sont partis s'installer dans des bidonvilles hors des vieux murs. La vie y est dure et sordide. Ce qu’ils gagnent en quittant l’enceinte, ils le perdent en sécurité et en espace vital.

La vie religieuse est surprenamment vivace a Moussillon. Les temples et oratoires y abondent; ils ne sont cependant pas toujours dédiés aux divinités autorisées et on trouve beaucoup d’adorateurs du Chaos. Tandis que le Prêtre Armand s’évertue à restaurer l'autorité, la criminalité sous toutes ses formes persiste et les mutants abondent dans cette ville déprimée et malade. Misère et maladie sont les compagnes quasi-quotidiennes des habitants de Moussillon, à tel point que fort peu d'entre eux se sentent motivés pour redonner à la cité son éclat d’antan.

Les gouverneurs successifs de Moussillon (le dernier Duc de Moussillon, Jean-Luc Maldred est mort de la vérole en 2450 CI) ont fusionné les charges de capitaine du Guet et de chef de la garnison en un seul et même corps, l’Armée de Fer, du nom du métal de leur armure. Depuis des décennies, aucune revue de troupe ni inspection n’a eu lieu à Moussillon, aussi le gouverneur et ses hommes peuvent agir à leur guise. Bien que l’Armée de fer soit brutale et qu’elle tente par tous les moyens de recruter, ces effectifs restent toutefois insuffisants pour faire véritablement régner l’ordre.

Les relations commerciales de la cité sont, comme on peut l'imaginer, au plus bas. La plupart des habitants ont beaucoup de difficulté à trouver la nourriture nécessaire pour survivre. Les villes voisines sont peu disposées à traiter avec Moussillon par peur de la contamination par la vérole. Peu de navires ou de péniches arrivent au port. De même, peu de marchands sont assez aventureux pour emprunter les voies terrestres. Ceux qui s’y risquent amènent surtout des denrées alimentaires. Pour payer la nourriture importée, les ruines de la vieille ville sont fouillées dans l'espoir d'y découvrir quelque objet précieux. Certains marchands ont d'ailleurs été agréablement surpris à l’heure du paiement. Par ailleurs, quelques vignes datant du temps de la splendeur de la ville continuent à être exploitées.

¤ Bretonnie-jdr 31-05-2005